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Une chauve-souris trouvée au sol en automne, les gestes à faire sans la toucher à mains nues

Petite chauve-souris immobile sur le sol entre feuilles mortes

Vous rentrez le soir et une petite forme sombre est immobile sur la terrasse, contre un mur ou sur le carrelage du garage. Une chauve-souris. Votre premier réflexe sera sans doute de vouloir l’aider, ou au contraire de la balayer. Dans les deux cas, ce que vous faites dans les premières minutes compte, pour elle comme pour vous.

Voici la marche à suivre en trois temps : on l’attrape avec des gants épais ou un linge, on la place dans une boîte en carton aérée et fermée, puis on appelle un centre de soins pour la faune sauvage. Tout le reste découle de ces trois gestes.

Le réflexe de base : ne jamais la toucher à mains nues

Même si elle paraît morte, endormie ou à bout de forces, une chauve-souris ne se prend jamais à main nue. Elle peut mordre par peur, et ses dents minuscules traversent la peau sans que l’on s’en rende compte. Or une chauve-souris peut transmettre la rage, ainsi que d’autres agents infectieux.

En Europe, le risque reste faible, car seuls quelques lyssavirus propres aux chauves-souris circulent. Faible ne veut pas dire nul, et au Québec comme ailleurs en Amérique du Nord, la prudence est de mise. La règle vaut donc partout : pas de contact direct, y compris pour les enfants, qui se pencheront volontiers sur cet « oiseau » étrange. Gardez aussi vos chiens et vos chats à distance.

Capturer et mettre à l’abri sans contact direct

Enfilez des gants de jardinage épais ou de manutention, en cuir de préférence. Les gants fins en latex ou en vinyle ne suffisent pas, car une dent peut les percer. Si vous n’en avez pas, un torchon épais ou une serviette pliée en plusieurs couches fera l’affaire.

Posez doucement une boîte ou un récipient par-dessus l’animal, glissez un carton rigide dessous, puis retournez l’ensemble. Vous pouvez aussi recouvrir la chauve-souris d’un linge et la soulever avec précaution, en la soutenant par en dessous. Pas de geste brusque, pas de pression sur son corps : elle est fragile.

Pour l’installer, il vous faut peu de choses :

  • une boîte en carton munie d’un couvercle, percée de petits trous d’aération (trop petits pour qu’elle s’échappe) ;
  • un morceau de tissu froissé au fond, auquel elle pourra s’accrocher ;
  • une pièce calme, sombre, tempérée, loin des chats, des chiens et du bruit.

Ne lui donnez ni nourriture ni boisson. Ni lait, ni eau, ni insectes : une chauve-souris affaiblie risque de s’étouffer, et le mauvais aliment peut aggraver son état. Elle n’a surtout pas besoin d’être réchauffée près d’un radiateur. Refermez la boîte, posez-la en lieu sûr et lavez-vous les mains au savon, même si vous portiez des gants. Évitez tout contact avec ses excréments.

Au sol en plein jour : l’appel à passer sans attendre

Une chauve-souris qui ne vole pas, qui rampe, qui est blessée ou qui reste visible au sol en journée est en difficulté. Ne la remettez pas sur un arbre en espérant qu’elle s’en sorte. Mettez-la à l’abri dans sa boîte et contactez un centre dans les heures qui suivent.

Contacter le bon interlocuteur ou la relâcher

Petite chauve-souris posee sur un gant bleu

Toutes les chauves-souris sont une espèce protégée en Europe : on ne les garde pas chez soi et on ne les capture pas sans encadrement. Le bon réflexe est donc de téléphoner à un spécialiste, qui vous dira quoi faire selon l’état de l’animal, comme le détaillent les premiers gestes pour oiseau sauvage blessé.

Selon votre pays, les relais ne sont pas les mêmes :

  • en France, un centre de sauvegarde de la faune sauvage, la LPO de votre région ou le réseau SOS Chauves-souris de la LPO ;
  • en Belgique, l’association Natagora ou un centre de revalidation pour animaux sauvages ;
  • en Suisse, les antennes cantonales de protection des chauves-souris ou le service de la faune de votre canton ;
  • au Québec, un centre de réhabilitation de la faune ou le ministère responsable de la faune.

À défaut, votre mairie, un vétérinaire ou la police municipale peuvent souvent vous aiguiller vers le bon numéro. Pensez à noter l’endroit exact de la découverte, l’heure et l’état de l’animal, ces détails aident les soigneurs.

Pourquoi l’automne est une période à risque

À cette saison, les insectes se raréfient et les nuits fraîchissent, et c’est aussi le moment de penser aux gîtes d’hiver pour chauves-souris. Les jeunes chauves-souris de l’année, encore inexpérimentées, peinent à constituer leurs réserves avant l’hibernation. Un coup de froid, une nuit de pluie ou un jour sans proies suffisent à les affaiblir, et on les retrouve alors au sol.

Certaines sont simplement en torpeur : le froid ralentit leur métabolisme et elles ne réagissent presque plus. L’animal n’est pas forcément mourant, mais il ne peut plus s’envoler seul. C’est une raison de plus pour ne pas le laisser dehors et de ne pas le réveiller brutalement.

Quand la relâcher

Si la chauve-souris bouge bien, se déplace dans la boîte et semble vigoureuse, un spécialiste peut vous autoriser à la relâcher. Choisissez alors le crépuscule, par une soirée sans pluie et pas trop froide. Ouvrez la boîte en hauteur, sur un muret, un rebord ou une branche, près de l’endroit où vous l’avez trouvée.

Laissez-lui le temps de se réchauffer et de décoller seule. Si elle ne vole pas au bout de quelques minutes, refermez la boîte et rappelez le centre. On ne relâche jamais une chauve-souris posée au sol en plein jour, ni par temps froid, ni de nuit si elle ne sait pas s’envoler.

En cas de contact, de morsure ou de griffure : les gestes médicaux

Si vous avez été mordu ou griffé, ou si la salive de l’animal a touché une plaie, une muqueuse ou l’œil, agissez tout de suite. Lavez la zone à l’eau courante et au savon pendant plusieurs minutes, rincez abondamment, puis désinfectez. Ce nettoyage réduit déjà fortement le risque d’infection.

Consultez ensuite un médecin ou un centre antirabique, même si la plaie paraît bénigne. Il évaluera la situation et décidera si une vaccination antirabique est nécessaire. Précisez-lui qu’il s’agissait d’une chauve-souris, et signalez-le aussi au centre de soins qui la prend en charge.

Une morsure de chauve-souris est parfois minuscule, presque invisible. Si vous avez retrouvé l’animal dans une chambre, près d’un enfant endormi ou d’une personne qui ne peut pas dire ce qui s’est passé, ne prenez pas le risque : demandez un avis médical, même sans trace de blessure.

Pour résumer l’essentiel : ne la touchez pas à mains nues, mettez-la à l’abri dans une boîte aérée sans rien lui donner, appelez un spécialiste et ne la relâchez que si elle vole. Ces quelques gestes protègent l’animal autant que votre santé.

Passionnée de biodiversité et amoureuse des animaux, Corinne écrit sur la faune, la flore et les petits gestes qui aident à préserver le vivant. Elle partage ses découvertes, conseils et inspirations pour mieux comprendre et protéger la nature qui nous entoure.

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