Réussir sa culture de fraises commence par une question simple : à quel moment mettre les plants en terre. Le calendrier compte presque autant que le choix de la variété, et une erreur de saison peut retarder la récolte de plusieurs mois. Voici les repères concrets pour planter au bon moment, dans les bonnes conditions.
Quand planter les fraisiers : les meilleures périodes
Deux fenêtres se prêtent bien à la plantation du fraisier : le printemps et l’automne. En automne, entre fin août et fin septembre, les plants profitent d’une terre encore tiède et d’une humidité naturelle qui favorise l’enracinement avant l’hiver. C’est la période la plus recommandée, car les fraisiers installés à l’automne produisent généralement des fruits dès le printemps suivant.
Au printemps, de mars à avril, la plantation reste possible et convient bien aux régions aux hivers rudes où le sol met du temps à se réchauffer. Dans ce cas, la première récolte arrive souvent un peu plus tard, parfois seulement à partir de l’été suivant selon le type de plant utilisé.
Le choix de la saison dépend aussi du type de fraisier. Les fraisiers remontants fleurissent et fructifient plusieurs fois entre le printemps et l’automne, ce qui laisse une certaine souplesse pour la mise en terre. Les fraisiers non-remontants, eux, produisent une seule récolte abondante au début de l’été : ils gagnent à être plantés à l’automne pour arriver à pleine forme dès la floraison de printemps.
| Type de fraisier | Période conseillée | Récolte attendue |
|---|---|---|
| Non-remontant | Fin août à septembre | Début d’été suivant |
| Remontant | Mars-avril ou août-septembre | Plusieurs vagues, printemps à automne |
| Issu de stolons/division | Août-septembre | Année suivante |
Où planter les fraisiers : emplacement et sol idéal
Le fraisier apprécie une exposition ensoleillée, à l’abri des vents froids. Une lumière abondante favorise la floraison et le sucre des fruits, alors qu’un coin trop ombragé donne des fraises fades et peu nombreuses. Un emplacement mi-ombragé peut convenir dans les régions très chaudes, pour éviter que le soleil de midi ne brûle les feuilles.
Côté sol, un sol drainé, légèrement acide et riche en matière organique donne les meilleurs résultats. Les fraisiers redoutent l’eau stagnante, qui favorise les maladies racinaires. Avant la plantation, il est utile d’incorporer du compost ou du terreau pour alléger une terre trop lourde et lui apporter des nutriments (découvrez comment faire du compost chez soi étape par étape).
Évitez de replanter des fraisiers plusieurs années de suite au même endroit du potager : cette culture s’épuise vite au même emplacement et devient plus sensible aux maladies du sol.
Comment planter les fraisiers en pleine terre
La plantation en pleine terre suit une méthode assez simple, à condition de respecter quelques règles de base. On peut partir de plants en godets, déjà enracinés, ou de plants à racines nues, plus économiques mais qui demandent une mise en terre rapide après l’achat pour éviter le dessèchement.
- Préparer le sol en le désherbant et en l’ameublissant sur une vingtaine de centimètres.
- Creuser un trou suffisant pour étaler les racines sans les tasser.
- Positionner le collet (la base des feuilles) juste au niveau du sol, ni enterré ni trop haut.
- Reboucher, tasser légèrement autour du plant, puis arroser copieusement.
- Respecter un espacement d’environ 30 à 40 centimètres entre chaque plant et 40 centimètres entre les rangs.
Un bon paillage posé juste après la plantation limite la pousse des mauvaises herbes, garde l’humidité et protège les fruits du contact direct avec la terre lors de la récolte. La paille, les copeaux de bois ou même un paillage plastique noir font l’affaire.
L’erreur classique avec le collet enterré
Un collet enfoui trop profondément fait pourrir le plant, tandis qu’un collet trop haut le laisse à sec. Le repère le plus fiable reste de laisser la base des premières feuilles juste au niveau de la surface du sol, ni plus haut ni plus bas.
Planter des fraisiers en pot ou jardinière
Faute de potager, le fraisier se cultive très bien en pot, en jardinière ou en pot suspendu, sur une terrasse ou un balcon (voir aussi les étapes pour démarrer un potager sur balcon). Un contenant d’au moins 20 centimètres de profondeur, percé au fond, permet un bon drainage. On y installe un mélange de terreau spécial plantes fruitières ou potagères, éventuellement allégé avec un peu de sable pour éviter que l’eau ne stagne.
Les périodes de plantation restent les mêmes qu’en pleine terre, printemps ou fin d’été. En pot, la surveillance de l’arrosage demande plus d’attention, car la terre sèche plus vite qu’en pleine terre, surtout en période de forte chaleur.
Entretien des fraisiers après plantation
Un arrosage régulier, sans excès, accompagne les premières semaines suivant la mise en terre, le temps que les racines s’installent. Il vaut mieux arroser au pied plutôt que sur les feuilles, pour limiter les maladies fongiques favorisées par l’humidité stagnante sur le feuillage.
Un apport d’engrais organique au printemps soutient la floraison et la formation des fruits. Le buttage léger de la base des plants avant l’hiver protège les racines du gel dans les régions les plus froides, une précaution à compléter avec les conseils pour protéger les plantes du gel au jardin et sur la terrasse.
Au fil des saisons, les fraisiers émettent des stolons, ces tiges rampantes qui produisent de nouveaux plants à leur extrémité. Cette multiplication naturelle permet de renouveler gratuitement une plantation vieillissante, tout comme la division des touffes existantes tous les trois ou quatre ans, lorsque la production commence à baisser. Ces jeunes plants, une fois séparés et repiqués en août ou en septembre, prennent le relais des pieds mères pour la récolte des années suivantes.