Dès que les températures baissent, le hérisson disparaît de nos jardins pendant plusieurs mois (après avoir suivi, si besoin, le geste indispensable avant fin août pour les aider face à la sécheresse). Ce retrait n’a rien d’anodin : c’est une stratégie de survie face au froid et au manque de nourriture. Comprendre comment fonctionne cette hibernation permet de savoir quand intervenir et comment aménager son jardin pour l’accompagner.
Qu’est-ce que l’hibernation du hérisson ?
L’hibernation est un état de sommeil profond durant lequel le métabolisme du hérisson ralentit fortement. Sa température corporelle chute, son cœur bat beaucoup plus lentement et sa respiration devient à peine perceptible. L’animal vit alors sur ses réserves de graisse accumulées durant l’automne, sans manger ni boire pendant de longues périodes.
Ce sommeil hivernal n’est pas continu : le hérisson se réveille par phases, se déplace parfois d’un abri à un autre, avant de retomber dans une phase de léthargie. Ces micro-réveils lui coûtent énormément d’énergie, ce qui explique pourquoi il faut éviter de le déranger inutilement pendant l’hiver.
Quand et comment le hérisson hiberne-t-il ?
Période d’hibernation (octobre à mars/avril)
L’hibernation démarre généralement en octobre ou en novembre, lorsque les températures nocturnes descendent régulièrement sous les 10 degrés et que les insectes se font rares. Elle se poursuit jusqu’en mars, parfois avril, selon la douceur du climat et l’état de forme de l’animal. Un hiver particulièrement doux peut retarder l’entrée en hibernation ou provoquer des réveils prématurés, ce qui fragilise le hérisson.
Préparation et déroulement de l’hibernation
Avant l’hiver, le hérisson passe l’automne à se nourrir intensivement pour constituer une réserve de graisse suffisante. Un adulte doit atteindre un poids minimal d’environ 600 grammes pour affronter l’hibernation sans risque, un jeune hérisson né tardivement ayant souvent plus de mal à atteindre ce seuil avant les premiers froids.
Une fois ses réserves constituées, l’animal cherche un nid protégé : un tas de feuilles, un tas de bois, un amas de branches ou une haie dense font parfaitement l’affaire. Il s’y installe en boule, entouré de matériaux isolants, et entre progressivement en léthargie. Le réveil se produit au printemps, quand les températures remontent durablement et que la nourriture redevient disponible.
Le repère à connaître : un hérisson visible en plein jour, amaigri ou immobile en plein hiver n’est jamais un comportement normal. C’est le signal qu’il faut agir rapidement, sans attendre.
Quand un hérisson a-t-il besoin d’aide en hiver ?
Un hérisson trouvé en hiver, hors de son nid, en train de se déplacer lentement ou de trembler, est en danger. Cela peut arriver lorsque son abri a été détruit, lorsqu’il n’a pas accumulé assez de graisse avant le froid, ou lorsqu’un redoux artificiel l’a fait sortir trop tôt de son sommeil.
Dans ce cas, il faut intervenir : placer l’animal dans une caisse avec un linge chaud, l’installer dans un endroit tempéré et calme, puis contacter un centre de sauvegarde de la faune sauvage ou un refuge spécialisé. Ne jamais tenter de le réchauffer trop brutalement ni de le nourrir de force, ces gestes pouvant aggraver son état.
Les bons gestes pour aider les hérissons à passer l’hiver
Aménager son jardin et installer un abri
Laisser un coin de jardin en désordre est souvent le meilleur service à rendre au hérisson. Un tas de feuilles mortes, un tas de bois ou un amoncellement de branches constituent des abris naturels parfaits pour construire un nid douillet. Il est possible de compléter ce dispositif avec un abri en bois fermé, isolé de l’humidité et placé dans un coin tranquille, à l’écart du passage et des tondeuses.
Avant de brûler un tas de végétaux ou de tondre une haie en automne, un petit contrôle visuel s’impose : un hérisson peut déjà s’y être installé pour l’hiver.
Nourrissage et eau
En automne, avant l’entrée en hibernation, proposer de la nourriture aide les hérissons à constituer leurs réserves plus facilement. Des croquettes pour chat non allégées, ou de la pâtée pour chat sans céréales, conviennent bien et complètent utilement son alimentation naturelle à base d’insectes.
| Période | Action recommandée |
|---|---|
| Septembre – octobre | Nourrissage renforcé pour aider à prendre du poids |
| Novembre – février | Ne pas déranger le nid, laisser l’abri intact |
| Mars – avril | Reprise progressive du nourrissage au réveil |
Une gamelle d’eau fraîche, renouvelée régulièrement, doit toujours accompagner la nourriture, en particulier lors des redoux hivernaux où le hérisson peut sortir brièvement de son sommeil hivernal. Il ne faut jamais donner de lait, qui provoque des troubles digestifs chez cet animal.
Ces gestes simples, répétés chaque année, contribuent à la survie d’une espèce de plus en plus fragilisée par la disparition des espaces naturels. Un jardin un peu sauvage, quelques croquettes et de l’eau propre suffisent souvent à offrir aux hérissons les conditions nécessaires pour traverser l’hiver et se réveiller en bonne santé au printemps.