Biodiversité

Les coccinelles asiatiques s’invitent chez vous chaque automne, le bon réflexe pour ne pas les subir

Coccinelles asiatiques agglutinees sur un rebord de fenetre

Un matin frais d’automne, vous ouvrez les volets et la façade grouille de petits points orange. Quelques jours plus tard, il y en a sur le rebord de la fenêtre, dans les rideaux, au plafond du salon. Pas de panique : la coccinelle asiatique ne vient pas détruire votre maison. Elle cherche seulement un endroit où passer l’hiver, et le réflexe qui compte se joue avant son arrivée.

Pourquoi elles envahissent la maison à l’automne

Quand les températures baissent, la coccinelle asiatique (Harmonia axyridis) part à la recherche d’un abri hivernal. Elle adore les façades ensoleillées, où elle se rassemble en grand nombre. De là, elle profite des fissures et des petites ouvertures autour des portes, des fenêtres et des conduits pour se glisser à l’intérieur.

Une fois au chaud, elle reste cachée jusqu’au retour des beaux jours, puis ressort. C’est ce va-et-vient qui donne l’impression d’une invasion automnale, alors que les insectes dorment surtout dans les recoins, comme le font aussi les araignées rentrant dès les premiers froids.

Comment empêcher leur entrée avant l’invasion

Le blocage des points d’entrée reste le geste le plus efficace. Il vaut mieux le faire avant les premiers froids, quand les coccinelles ne sont pas encore massées sur vos murs. Voici le tour du propriétaire à effectuer :

  • inspecter le contour des portes et les joints de fenêtres, puis reboucher ce qui bâille ;
  • repérer les fissures dans les murs et les ouvertures autour des conduits, souvent oubliées ;
  • vérifier que les moustiquaires sont bien ajustées et réparer les déchirures ;
  • contrôler les coupe-froid sous les portes, car des joints usés laissent aussi passer les insectes.

Ce calfeutrage a un avantage de plus : il limite aussi les courants d’air et les autres visiteurs indésirables.

Les répulsifs maison : à tester, sans rien garantir

Certains pulvérisent de l’huile essentielle de menthe poivrée (15 à 20 gouttes dans un vaporisateur d’eau) ou du vinaigre blanc pur ou dilué, voire du jus de citron, autour des fenêtres et des portes. L’odeur forte peut dissuader à court terme, mais l’efficacité n’est pas garantie et les résultats varient. Faites un test sur une petite zone, et restez prudent avec les huiles essentielles si des enfants ou des animaux vivent à la maison.

Que faire de celles déjà entrées (sans les écraser)

Aspirateur rouge pose sur un parquet clair, tuyau deplie

Elles sont déjà au salon ? Sortez l’aspirateur. Aspirez-les, puis jetez le sac ou videz le réservoir sans traîner, pour éviter qu’elles ne repartent dans la pièce. C’est la méthode la plus propre, car elle évite tout contact.

Oubliez la tapette et le coup de chiffon. Quand une coccinelle se sent menacée ou qu’on l’écrase, son système de défense libère un liquide jaune-orange à l’odeur désagréable, qui laisse des traces sur les murs et les tissus. Un geste de panique peut donc vous coûter un coup de peinture ou un rideau à laver.

Sont-elles dangereuses ? Morsures et mauvaise odeur

Rassurez-vous : elles n’attaquent pas les humains et ne sont pas connues pour transmettre des maladies. Elles ne rongent pas le bois et n’abîment pas la structure d’un bâtiment. Leur plus gros défaut, c’est le nombre.

Alors, pourquoi parle-t-on de morsure ? Parce que cela arrive, mais c’est rare. L’insecte n’est pas agressif : il est attiré par le sel de la sueur sur la peau. Cela surprend plus que cela ne blesse. Notez que certaines personnes évoquent aussi une allergie ou des irritations en cas de contact répété. Si vous y êtes sensible, évitez de manipuler les insectes à mains nues.

Comment reconnaître la coccinelle asiatique

Ne cherchez pas forcément la coccinelle rouge à pois noirs de votre enfance. Cette espèce se décline en jaune, orange, rouge, parfois presque noire, avec beaucoup de points ou aucun. La couleur ne sert donc pas à l’identifier.

Le vrai repère se trouve juste derrière la tête, sur le pronotum. Vous y verrez une marque noire en forme de M ou de W, selon l’angle où vous l’observez. Si cette marque est là, vous avez affaire à la coccinelle asiatique.

Utile au jardin, envahissante ailleurs

Originaire d’Asie, elle a été introduite à plusieurs reprises en Amérique du Nord depuis 1916. L’idée était de la mettre au service de la lutte biologique : elle dévore les pucerons qui ravagent les cultures, jusqu’à 250 par jour selon le MAPAQ, comme ceux qui s’attaquent à un géranium attaqué par les pucerons. Sur le papier, c’était un bon plan.

Mais la situation a échappé à tout contrôle. Elle est aujourd’hui classée comme espèce exotique envahissante. Au Québec, où l’on compte environ 80 espèces de coccinelles, son arrivée a fait reculer plusieurs de ses cousines, dont la coccinelle à neuf points, devenue extrêmement rare.

Et si l’invasion est massive ?

Quand les coccinelles s’installent par centaines malgré vos efforts, un professionnel de la désinsectisation peut intervenir. Mais pour la plupart des maisons, un bon calfeutrage fait déjà l’essentiel du travail. On apprécie leur action contre les pucerons dans le jardin, sans avoir à leur offrir le gîte et le couvert pour tout l’hiver.

Curieuse du vivant depuis toujours, Véronique coordonne la rédaction de Chemins de la Biodiversité. Elle choisit les sujets, relit chaque article et veille à ce que les informations sur la faune, la flore et les milieux naturels soient vérifiées, sourcées et faciles à comprendre pour tous.

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