Votre chat réclame sa gamelle et vous hésitez, encore, entre le sachet de pâtée et le sac de croquettes. Ce choix revient chaque jour, et il mérite mieux qu’une habitude prise au hasard au supermarché. Un vétérinaire nutritionniste a justement tranché la question, et sa réponse tient en une idée simple : ni l’un ni l’autre ne gagne seul, la vraie solution est ailleurs.
Croquettes pour chat : avantages et limites selon les vétérinaires
L’aliment sec a un atout pratique difficile à contester. Il se conserve longtemps, ne sèche pas à l’air libre et permet de laisser une gamelle à disposition sans risque sanitaire. Pour un chat qui grignote toute la journée, c’est un vrai confort au quotidien, aussi bien pour lui que pour son propriétaire.
Les croquettes présentent cependant une limite reconnue par la plupart des nutritionnistes : leur faible teneur en eau. Un chat qui ne mange que des croquettes boit rarement assez pour compenser, ce qui augmente le risque de troubles urinaires et de calculs, en particulier chez le chat castré, plus sujet à ce type de problème. La qualité de la formulation compte aussi : toutes les croquettes ne se valent pas en termes de protéines animales et de taux de glucides.
Pâtée pour chat : pourquoi elle séduit les experts en nutrition féline
La pâtée coche la case que les croquettes ratent souvent : l’hydratation. Un aliment humide contient en moyenne 70 à 80 % d’eau, contre 6 à 10 % pour un aliment sec. Cette différence n’est pas un détail, elle joue un rôle direct dans la prévention des troubles urinaires et dans le confort rénal, surtout chez les chats qui boivent peu spontanément, ce qui concerne une bonne partie de la population féline.
L’appétence est un autre argument souvent avancé par les vétérinaires en faveur de la pâtée. Sa texture et son odeur stimulent davantage l’appétit, ce qui aide les chats âgés, malades ou simplement difficiles à manger suffisamment. Elle a en revanche un inconvénient pratique : elle sèche vite une fois ouverte et doit être servie fraîche, ce qui demande une organisation plus rigoureuse que pour les croquettes.
L’écart d’hydratation entre les deux aliments
Une croquette contient environ 8 % d’eau, une pâtée jusqu’à 80 %. Un chat nourri exclusivement aux croquettes doit boire près de trois fois plus d’eau pour atteindre le même apport hydrique total. Dans les faits, beaucoup n’y arrivent pas, d’où l’intérêt d’intégrer de l’aliment humide dans la ration.
La bi-nutrition (croquettes + pâtée) : le compromis idéal ?

C’est là que la réponse du vétérinaire prend tout son sens. Plutôt que d’opposer les deux formats, il recommande la bi-nutrition : associer croquettes et pâtée dans la même journée pour cumuler leurs bénéfices respectifs. L’aliment sec assure une base pratique et disponible, l’aliment humide apporte l’eau et le plaisir gustatif qui manquent souvent au chat nourri en mono-alimentation.
Cette alimentation mixte n’est pas une simple tendance marketing. Elle répond à un besoin physiologique réel : le chat, à l’origine un animal du désert, a un instinct de soif peu développé et compte historiquement sur l’humidité de ses proies pour s’hydrater. Lui proposer les deux formats se rapproche davantage de ce que son organisme attend.
Qu’est-ce que la bi-nutrition et comment l’équilibrer
Concrètement, la bi-nutrition consiste à répartir la ration quotidienne entre les deux textures, sans doubler les calories. Un repère souvent donné par les vétérinaires est de couvrir environ 30 à 50 % des besoins énergétiques journaliers avec de la pâtée, le reste avec des croquettes, en ajustant selon le poids, l’âge et l’activité du chat. Pour un chat castré ou en surpoids, la vigilance sur les quantités totales reste indispensable, car l’obésité féline progresse justement quand les deux aliments sont additionnés sans recalcul des calories.
| Critère | Croquettes | Pâtée |
|---|---|---|
| Teneur en eau | 6 à 10 % | 70 à 80 % |
| Conservation | Plusieurs semaines à l’air | Quelques heures une fois ouverte |
| Appétence | Correcte | Élevée |
| Risque urinaire | Plus élevé si eau insuffisante | Réduit grâce à l’hydratation |
Le verdict du vétérinaire : quelle alimentation privilégier pour votre chat
La position défendue par le vétérinaire est claire : il n’existe pas de meilleure alimentation universelle, seulement une alimentation adaptée à chaque chat. Un chat qui boit peu, souffre de troubles urinaires récurrents ou vieillit tirera un vrai bénéfice d’une part de pâtée plus importante. Un chat très actif, nourri au distributeur en plusieurs petits repas, pourra rester majoritairement aux croquettes tout en gardant un peu d’aliment humide en complément.
La transition alimentaire, quand on change de format ou introduit la pâtée chez un chat qui n’en a jamais eu, doit se faire progressivement sur une à deux semaines, en mélangeant les deux aliments pour éviter les troubles digestifs. Le nutritionniste insiste aussi sur un point souvent négligé : demander conseil pour ajuster la ration précise en fonction du poids réel de l’animal, plutôt que se fier uniquement aux repères génériques indiqués sur les emballages.
En pratique, la bi-nutrition rassemble aujourd’hui un large consensus chez les vétérinaires, non pas comme une mode, mais comme une réponse cohérente aux besoins physiologiques du chat. Elle demande un peu plus d’organisation qu’un simple sac de croquettes, mais elle rend un vrai service à la santé féline sur la durée, notamment sur le plan urinaire et rénal.